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En organisant la COP aux portes de l'Amazonie, Lula affiche par ailleurs clairement son ambition : braquer les projecteurs sur les forêts. Dans cette optique, le chef de l'État brésilien pousse pour la création d'un nouveau fonds pour lutter contre la déforestation : le "Tropical Forever Forest Facilities", TFFF.
"Ce fonds aurait pour vocation de réunir 125 milliards de dollars, placés ensuite sur les marchés financiers. Les bénéfices seraient reversés aux pays abritant des forêts tropicales en Amazonie, dans le bassin du Congo ou en Asie du Sud-Est", détaille Clément Helary, chargé de campagne forêts à Greenpeace. Le Brésil a déjà annoncé qu'il verserait 1 milliard de dollars, la Chine et les Émirats arabes unis également.
"Cela est présenté comme une solution globale pour lutter contre la destruction des forêts et comme un moyen de fournir des financements directs aux peuples autochtones", salue Clément Helary. "Mais de nombreux points sont encore à discuter. Il faut des garde-fous sur la façon dont cet argent sera réinvesti. Il faut par exemple exclure les investissements dans les mines ou l'agroindustrie, vecteurs de déforestation."
L'urgence est réelle. En 2014, des dizaines de gouvernements s'étaient engagés, par la déclaration de New York, à mettre un terme à la déforestation d'ici 2030. L'ambition avait été renouvelée en 2021 à Glasgow, lors de la COP26. Mais cette promesse piétine. En 2024, 8,1 millions d'hectares ont été déforestés, selon une étude coordonnée par l'ONG Climate Focus. Les forêts primaires tropicales, les plus riches en carbone et en biodiversité, ont été les plus touchées avec 6,7 millions d'hectares perdus.(...)
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La « marche mondiale pour le climat » traverse la dense ville de 1,4 million d’habitants sur environ 4,5 kilomètres. Elle doit s’arrêter à quelques pâtés de maisons du site de la COP30, protégé samedi par des dizaines de militaires et des barrières parfois surmontées de barbelés. Pour la première fois depuis la COP26 à Glasgow en 2021, la société civile mondiale peut s’exprimer samedi sans crainte d’arrestations arbitraires.(...)
Dans la foule, revient avec insistance une demande : que les communautés indigènes brésiliennes aient davantage voix au chapitre dans les discussions. Mardi soir, des manifestants avaient forcé l’entrée du site de la COP et s’étaient heurtés aux forces de sécurité. Vendredi matin, d’autres protestataires également autochtones ont bloqué l’entrée principale et arraché des réunions au sommet avec des responsables brésiliens pour évoquer leurs revendications, notamment la démarcation de leurs terres.
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"Je suis née femme, indigène, dans un territoire qui n'était pas le mien à l'origine, fille d'une mère célibataire. Cela faisait déjà de moi une militante. [Le militantisme commence] lorsque vous vous rendez compte que vous faites partie d'un noyau qui ne correspond pas à la norme établie par la société à laquelle vous appartenez."
Le mot "résister" n'a jamais été étranger à Angela Kaxuyana, qui, dès les premiers instants de sa vie, contribue à assurer l'existence culturelle et territoriale de son peuple. Faisant partie de la première génération d'indigènes Kahyana nés dans le parc indigène de Tumucumaque, à la frontière entre le Brésil et le Suriname, sa trajectoire personnelle et sa lutte sont entrelacées d'histoires de déplacement forcé et de reprise du territoire.
Originaires de la région de Rio Cachorro et Rio Trombetas (Para), plusieurs Kaxuyana/Kahyana - dont les grands-parents et la mère d'Angela - ont été emmenés dans le parc de Tumucumaque à la fin des années 1960 par l'armée de l'air brésilienne et des groupes de missionnaires. "Transférer cela, je le considère comme une violence", souligne-t-elle. "La violence qui nous était causée était déguisée en bonté, en aide [puisqu'il s'agissait d'empêcher l'extermination du peuple après les épidémies successives], mais elle était tout aussi douloureuse, car beaucoup mouraient, quittaient leur territoire, leurs champs..."
Le territoire d'origine, se souvient-elle, se trouvait dans une région de forêt dense, totalement différente de ce que son peuple a trouvé dans la nouvelle localité : une zone qui était principalement de la savane. De plus, c'était une région où vivaient déjà d'autres groupes ethniques, tels que les Aranisso, les Pïrpyana et les Tarëno.(...)Et elle est partie. Plus âgée, elle s'est installée à Belém pour étudier, où elle a obtenu un diplôme en administration des affaires, puis un diplôme de troisième cycle en gestion et audit de l'environnement. À la même époque, à la fin des années 1990, sa mère, ses sœurs et d'autres membres de son peuple ont décidé, de leur propre chef, de retourner sur leur territoire d'origine. Elle était à l'université en 2003 lorsqu'elle a appris que les Kahyana, Katxuyana et Tunayana demandaient officiellement à la Fondation nationale de l'Indien (Funai) de reconnaître leur territoire : la terre indigène Kaxuyana-Tunayana.traduction carolita d'un article paru sur le site de l'ISA le 04/10/2021
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