Le billet de Bill Gates débute ainsi, «le changement climatique est grave, mais nous avons fait de grands progrès.» L’entrepreneur ne nie donc ni les causes humaines du réchauffement, ni ses effets. Il dénonce en revanche une «vision apocalyptique» qui, selon lui, freine l’action en nourrissant la peur.
L’Américain reproche à la communauté scientifique de concentrer le débat sur les objectifs d’émissions à court terme, au détriment des innovations capables de transformer durablement nos modes de production. «Le réchauffement climatique ne va pas conduire à l’extinction de l’humanité. Les populations continueront à vivre et à prospérer sur la majorité de la planète dans un futur proche», écrit-il, plaidant pour une approche plus pragmatique, tournée vers les solutions.
Loin d’un quelconque revirement idéologique, le milliardaire reste ainsi fidèle à sa ligne : investir dans la technologie pour résoudre les défis du siècle. Depuis plusieurs années, il finance des projets de géoingénierie et de capture du carbone via des sociétés comme Silver Lining ou Carbon Engineering Ltd.. En 2015, il a lancé Breakthrough Energy Ventures, un fonds d’investissement doté d’un milliard de dollars pour soutenir les énergies propres — avec à ses côtés Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg.(...)
Mais cette hiérarchie des urgences laisse sceptique une partie du monde scientifique. «Le réchauffement climatique sape les efforts d’éradication de la pauvreté et de développement humain», rappelle Rachel Cleetus, de l’Union of Concerned Scientists à l’AFP. D’autres, comme le climatologue Michael Mann, ironisent auprès de l’agence française : «Bill Gates raisonne comme si la planète était un ordinateur qu’on pouvait redémarrer après un plantage. Le problème, c’est qu’une fois la planète plantée, il n’y a pas de bouton reset.»
Son credo n’a donc pas varié : il faut innover, pas renoncer. «Chaque dixième de degré de réchauffement évité est extrêmement bénéfique, car un climat stable favorise l’amélioration des conditions de vie», a-t-il martelé face à la polémique.
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