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Le projet Neom participe-t-il à son désir de voir son pays comme un modèle écologique ?
Oui, mais malgré les centaines de milliards de dollars investis dans ce projet, il est en train d'échouer parce qu'il y a justement trop d'argent. La ville futuriste écologique [star du projet Neom], appelée "The Line", devait faire 170 km de long et est finalement réduite à 2,5 km. Les Saoudiens ont fait venir des gens du monde entier, qu'ils ont très bien payé, et pourtant les gens partent au bout de quelques mois, car de nombreuses difficultés se sont greffées sur ce projet : une organisation défaillante, un management trop vertical associé à des objectifs totalement irréalistes. C'est un vrai problème pour le plan Vision 2030 de MBS, présenté comme la pierre angulaire de son projet.
La mise en œuvre de Neom n'est-elle pas trop éloignée des considérations écologiques ?
Effectivement, c'est paradoxal, car l'écologie est le cœur de ce projet. Or des constructions partent de nulle part et occasionnent la destruction de la nature et une utilisation colossale de ressources. Sans parler du coût économique et humain. "MBS" a pourtant conscience que le réchauffement climatique est bien réel, et que c'est une question quasi existentielle pour lui et son peuple.
C'est pour cela qu'il mise essentiellement sur la technologie pour régler ce problème. Il pense pouvoir maîtriser la nature et continuer à sortir neuf millions de barils de pétrole par jour en captant le CO2, alors que le Giec prévoit que, dans les années 2050/2060, les pays du Golfe seront inhabitables pour l'homme. Ce pays vit dans un très grand contraste avec un futur en point d'interrogation.
Le documentaire MBS, l'Arabie du futur, réalisé Walid Berrissoul, est diffusé dimanche 19 janvier à 21h05 sur France 5 et sur la plateforme france.tv.
Interview publié sur France Info le 19/01/2025
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