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Ces promesses négligent pourtant des réalités physiques incontournables, dont l’épuisement des ressources et le temps incompressible du développement technologique, alors même que s’accélèrent les catastrophes écologiques. « Il semble qu’à tout moment, les humains pourront, grâce à la puissance de leurs techniques, effacer leur problématique empreinte de la Terre », souligne le professeur en sciences de l’environnement Nathanaël Wallenhorst dans Qui sauvera la planète ? (Actes Sud, 2022) – alors même que « le système Terre est caractérisé par son inertie ».
L’optimisme technologique ignore aussi l’effet rebond lié au progrès technique, théorisé par l’économiste britannique William Stanley Jevons dès 1865. Sans régulation, une innovation entraîne une augmentation de la consommation. « A chaque fois qu’on a voulu substituer une énergie à une autre, par exemple le pétrole et l’électricité au charbon, elles se sont additionnées », rappelle l’historien François Jarrige.(...)
Le technosolutionnisme appartient aux « mythologies écologiques propagées pour que rien ne change », affirme le géographe Renaud Duterme dans Nos mythologies écologiques (Les Liens qui libèrent, 2022), et peut s’apparenter, de ce fait, à une forme de climatoscepticisme. A quoi bon limiter nos consommations si une rupture technologique va bientôt nous sauver ? Tabler sur les véhicules électriques est un bon moyen de ne pas questionner nos mobilités, comme miser sur les robots et les capteurs agricoles évite d’interroger notre modèle d’agriculture, tout en assurant de nouveaux marchés à l’industrie. En dépolitisant les réponses à apporter aux crises, cette quête sans fin est aussi une façon de contourner le débat démocratique sur la façon de les affronter.
Par Claire Legros Publié le 22 mars 2023 Le Monde
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